Dans ma cuisine, la blanquette, c’est le plat qui remet tout le monde d’accord, même les jours où l’on rentre un peu fatigué. Il suffit d’une cocotte qui chante doucement, d’un bouquet garni qui parfume l’air, et cette promesse très française, une sauce blanche, veloutée, qui nappe la cuillère.
Cette blanquette de veau à l’ancienne, je la fais comme on me l’a apprise, avec de la patience et un écumage soigneux. Et j’y glisse mon petit “plus”, des zestes de citron jaune et une pointe de macis dans la liaison, pour une onctuosité nette, sans lourdeur.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Signature aromatique délicate: Une pointe de macis, cette fleur de muscade si fine, donne une chaleur poivrée et florale qui respecte la douceur du veau.
Fraîcheur maîtrisée: Les zestes de citron jaune infusés dans la liaison réveillent la sauce, sans l’acidité frontale du jus, et ça change tout à la dégustation.
Sauce blanche, vraiment blanche: En soignant l’écumage et en restant fidèle au roux blanc, j’obtiens une texture nacrée, lisse, et une sauce qui accroche au dos de la cuillère.
Un vrai plat de dimanche: Cette cocotte a le goût d’un plat d’hiver familial qui rassemble, simple dans l’esprit, mais précis dans les gestes.
Ingrédients et substitutions
Ici, chaque élément a sa mission, le veau pour le fondant, les os pour la gélatine, et la crème fraîche pour la caresse finale. Prenez le temps de tout préparer, la blanquette adore l’ordre.
Ingrédients
- 1,6 kg de veau (coupés en morceaux de 70 à 80 g): tendron, jarret, collier, bas carré ou poitrine, épaule
- Quelques os de veau
- 2 grosses carottes et 4 carottes fanes
- 1 gros navet d’hiver et 5 navets bottes
- 2 blancs de poireau
- 1 branche de céleri
- 350 g de champignons de Paris
- 1 gros oignon
- 2 gousses d’ail
- 20 cl de vin blanc
- 40 g de farine
- 40 g de beurre
- 35 cl de crème fraîche
- 2 jaunes d’œufs
- 3 feuilles de laurier
- 2 brins de thym
- 1 grosse CC de gros sel
- 15 grains de poivre
- 3 litres d’eau
- Facultatif: oignons grelots glacés au beurre
Notes sur les ingrédients et substitutions
Veau (tendron, collier, épaule): Le secret du fondant, c’est le mélange, j’associe des morceaux plus gélatineux comme le tendron ou la poitrine avec un morceau plus maigre comme l’épaule, on a à la fois moelleux et tenue.
Os de veau: Quelques os suffisent à donner du corps au bouillon, et donc une sauce plus brillante, plus nappante, sans tricher.
Macis: Si vous n’en trouvez pas, une très petite râpée de muscade peut dépanner, mais le macis reste plus floral et plus élégant, surtout dans une sauce blanche.
Vin blanc: J’aime un vin blanc sec, type Chardonnay ou Aligoté, pour sa franchise. Sans alcool, remplacez-le par un bouillon de légumes corsé, l’idée est de garder une note qui “réveille” le mijotage.
Crème fraîche: Pour une texture stable, je reste sur une crème fraîche entière, elle supporte mieux la chauffe douce. Évitez de la brutaliser, la blanquette se réchauffe comme un velours.
Champignons de Paris: Je les préfère cuits à part ou ajoutés en fin de cuisson des légumes, pour préserver leur blancheur et éviter d’assombrir la sauce.
Comment préparer la blanquette de veau à l’ancienne
Préparation et blanchiment de la viande
- Serrez les morceaux de veau et les os dans un grand faitout, puis couvrez largement d’eau froide. Montez sur feu vif jusqu’au frémissement, sans jamais laisser partir au gros bouillon, vous devez voir de petites bulles calmes et une mousse qui remonte.
- Écumez au fur et à mesure avec patience, c’est le geste qui garantit un bouillon limpide et une sauce claire. Quand la surface se calme et que la viande “ne rend plus”, égouttez la viande, puis filtrez l’eau de cuisson au travers d’une passoire fine doublée d’un linge, avant de remettre la viande dans le faitout.
Cuisson lente et aromatique
- Pendant que ça se fait, préparez les légumes, épluchez et lavez la grosse carotte et le gros navet, coupez la carotte en tronçons et le navet en quatre. Coupez les blancs de poireau en tronçons, lavez-les bien, puis ficelez-les pour qu’ils restent sages à la cuisson, et coupez l’oignon en deux en gardant sa base.
- Ajoutez dans le faitout ces légumes, l’ail pelé, le gros sel et le laurier. Glissez les grains de poivre dans un petit filtre ou une boule à thé, ainsi le parfum infuse sans laisser de points sombres dans la sauce.
- Versez le vin blanc, puis complétez avec de l’eau, juste de quoi immerger la viande. Portez à frémissement, couvrez, puis laissez mijoter environ 1 h 30, la viande doit céder sous la pointe d’un couteau, sans se déliter.
Garniture de légumes et champignons
- Préparez les carottes fanes, coupez-les en deux dans la longueur en gardant un peu de fanes, puis en tronçons d’environ 4 cm. Coupez les navets bottes en six, et taillez les champignons rincés en quartiers, en adaptant à leur taille.
- Quand la viande est prête, égouttez-la et gardez-la au chaud. Retirez les gros légumes aromatiques, le laurier et la boule à thé de poivre.
- Plongez carottes et navets dans le bouillon, portez à ébullition à couvert, puis comptez 5 minutes. Ajoutez ensuite les champignons et poursuivez 10 minutes, les légumes doivent être tendres mais encore joliment fermes, puis égouttez et gardez au chaud, par exemple au four à 100°C.
Roux blanc, sauce, puis liaison
- Dans une petite casserole, faites fondre le beurre sur feu doux, puis ajoutez la farine en fouettant. Le mélange doit mousser et sentir le biscuit chaud, sans prendre couleur, on reste sur un blond très pâle, presque ivoire.
- Versez progressivement 80 cl de bouillon filtré, en fouettant pour garder une sauce lisse. Faites bouillir quelques instants, juste le temps que la sauce épaississe et devienne satinée, puis ajoutez 25 cl de crème fraîche et laissez réduire 5 minutes, elle doit napper la cuillère.
- Remettez la viande dans la sauce, arrosez bien, puis réchauffez tout doucement, sans agitation brutale. À ce stade, vous pouvez préparer jusqu’à 24 h à l’avance, la viande reposant dans la sauce gagne en moelleux.
- Mélangez 10 cl de crème fraîche avec les jaunes d’œufs, puis incorporez ce mélange hors du feu. À ce moment-là, j’ajoute aussi les zestes de citron jaune très finement râpés et une pointe de macis, et je remue doucement, la sauce devient soyeuse, sans jamais bouillir.
Les secrets d’un chef pour une réussite totale
Une blanquette réussie, c’est d’abord une affaire de culture de la table. Dans beaucoup de familles, elle s’inscrit dans l’esprit du repas gastronomique des Français, celui où l’on prend le temps, où l’on sert chaud, et où la sauce compte autant que la viande.
Roux blanc vs roux blond: Le roux blanc cuit juste assez pour “sécher” la farine et lier, mais il ne colore pas. Le roux blond, lui, développe des notes plus toastées, délicieuses dans un velouté foncé, mais il jaunit la sauce, et votre blanquette perd sa signature.
Choisir les morceaux selon le budget: Les “bas morceaux” comme le collier, le tendron, le jarret, font souvent les meilleures blanquettes, car ils ont du collagène. Les repères professionnels sur le choix des morceaux de veau vont dans le même sens, on cherche du goût et de la gélatine, pas seulement du noble.
Tableau des temps de cuisson selon l’ustensile: En cocotte en fonte, comptez 1 h 30 à 2 h, la cuisson lente donne une texture très fondante. En autocuiseur, 45 min suffisent, mais surveillez davantage l’écume au départ et la tenue des morceaux.
Le secret de la blancheur: Un écumage rigoureux au début, puis un bouillon filtré finement, c’est non négociable. Et je cuisine les champignons à part ou je les ajoute après 5 minutes de cuisson des légumes, parfois avec un soupçon de citron, pour éviter qu’ils ne grisent la sauce.
Astuces de pro et dépannage
Conseils de pro
- Des morceaux avec os enrichissent la sauce en gélatine naturelle, elle devient plus brillante et plus nappante.
- Le blanchiment en partant d’eau froide extrait mieux les impuretés, et l’écumage devient plus efficace.
- Le poivre en grains dans une boule à thé parfume sans tacher la sauce blanche.
- Une cuisson au frémissement garde le veau tendre, un gros bouillon le durcit.
Erreurs fréquentes à éviter
- Faire bouillir après la liaison aux jaunes d’œufs, la sauce peut grainer et perdre son velouté.
- Utiliser uniquement un morceau très noble, la viande risque de sécher pendant la cuisson longue.
- Négliger l’écumage du début, la sauce prend une teinte grise et un goût moins net.
- Laisser colorer le roux, la blanquette devient “jaune”, et le goût change.
La technique est la même que pour beaucoup de plats mijotés traditionnels, une chaleur douce, du temps, et une sauce construite proprement. Quand on respecte ces trois piliers, la cocotte fait le reste.
Service et conservation
Idées d’accompagnement
Je sers la blanquette avec un riz pilaf, qui boit la sauce comme une éponge, ou avec des tagliatelles fraîches au beurre. Les oignons grelots glacés au beurre, si vous en avez, ajoutent ce petit côté bistrot chic.
Pour changer du riz sans perdre l’esprit, un écrasé de pommes de terre accueille la sauce avec une gourmandise redoutable. Et côté vin, un Meursault ou un Vouvray fait écho à la crème fraîche et au bouquet garni.
Conservation et réchauffage précis
La blanquette est souvent meilleure le lendemain, les saveurs se fondent et la sauce gagne en rondeur. Refroidissez vite, puis gardez au réfrigérateur, en respectant la chaîne du froid, c’est la base pour une conservation sereine.
Pour réchauffer sans trancher, feu très doux et patience, la sauce doit frémir à peine, jamais bouillir. Si vous êtes prudent, le bain-marie est idéal, et un petit filet de bouillon peut détendre si la sauce a épaissi au froid.
Pour la congélation, c’est possible, mais la liaison aux jaunes peut devenir capricieuse à la décongélation. Si je sais que je vais congeler, je congèle plutôt la viande dans la sauce avant liaison, puis je fais la liaison crème fraîche et jaunes au moment du service.
Blanquette De Veau À L’ancienne
Equipment
- Faitout ou cocotte en fonte
- Passoire fine
- Fouet
- Boule à thé pour épices
Ingrédients
- 1,6 kilogrammes de veau (coupés en morceaux de 70 à 80 grammes) : tendron, jarret, collier, bas carré ou poitrine, épaule
- Quelques os de veau
- 2 grosses carottes et 4 carottes fanes
- 1 gros navet d’hiver et 5 navets bottes
- 2 blancs de poireau
- 1 branche de céleri
- 350 grammes de champignons de Paris
- 1 gros oignon
- 2 gousses d’ail
- 20 centilitres de vin blanc
- 40 grammes de farine
- 40 grammes de beurre
- 35 centilitres de crème fraîche
- 2 jaunes d’œufs
- 3 feuilles de laurier
- 2 brins de thym
- 1 grosse cuillère à café de gros sel
- 15 grains de poivre
- 3 litres d’eau
- Facultatif : oignons grelots glacés au beurre
Instructions
Préparation et blanchiment de la viande
- Placez les morceaux de veau et les os dans un grand faitout et couvrez d’eau froide. Portez à frémissement sur feu vif en veillant à ne pas atteindre de gros bouillons.
- Écumez soigneusement la mousse en surface jusqu’à ce que le bouillon soit clair. Égouttez la viande, filtrez l’eau de cuisson à travers un linge fin, puis remettez la viande propre dans le faitout.
Cuisson lente et aromatique
- Ajoutez la grosse carotte, le gros navet, les blancs de poireau ficelés, l’oignon coupé en deux, l’ail, le sel et le bouquet garni. Placez les grains de poivre dans une boule à thé et glissez-la dans le bouillon.
- Versez le vin blanc et complétez avec l’eau de cuisson filtrée pour immerger totalement la viande. Couvrez et laissez mijoter doucement pendant environ 1 heure 30 minutes jusqu’à ce que la viande soit tendre.
Garniture de légumes et champignons
- Préparez les carottes fanes, les navets bottes et les champignons en quartiers. Une fois la viande cuite, retirez-la du bouillon avec les gros légumes aromatiques.
- Faites cuire les carottes fanes et les navets bottes dans le bouillon pendant 5 minutes, puis ajoutez les champignons pour 10 minutes supplémentaires. Égouttez et réservez au chaud avec la viande.
Roux blanc, sauce, puis liaison
- Préparez un roux blanc en faisant fondre le beurre avec la farine sans coloration. Versez progressivement 80 centilitres de bouillon filtré en fouettant, portez à ébullition pour épaissir, puis ajoutez 25 centilitres de crème et laissez réduire 5 minutes.
- Réintégrez la viande dans la sauce et réchauffez doucement. Hors du feu, incorporez le mélange de 10 centilitres de crème et des jaunes d’œufs, les zestes de citron et une pointe de macis. Remuez délicatement sans faire bouillir pour obtenir une texture soyeuse.
Notes
Nutrition
Conclusion
Une blanquette de veau à l’ancienne, c’est une leçon de douceur, la viande fondante, la sauce blanche, et ce parfum discret qui reste en mémoire. Avec les zestes de citron et la pointe de macis dans la liaison, j’obtiens une sauce plus lumineuse, plus fine, sans perdre la tradition.
Gardez le frémissement, soignez le roux blanc, et amusez-vous avec les garnitures de saison. La cocotte aime qu’on l’écoute, et elle vous le rend à la première cuillerée.
Questions fréquentes
Quels sont les meilleurs morceaux de viande pour la blanquette?
Je privilégie un mélange, collier et tendron pour le fondant, épaule pour la tenue, et un peu de jarret ou de poitrine si possible. Cette diversité donne une blanquette plus savoureuse qu’avec un seul morceau.
Comment obtenir une sauce bien blanche et onctueuse?
Tout commence par l’écumage au frémissement, puis par un bouillon filtré finement. Ensuite, un roux blanc non coloré, et une liaison crème fraîche et jaune d’œuf ajoutée hors du feu, sans jamais faire bouillir.
Est-il possible de préparer la blanquette la veille?
Oui, et je le fais souvent, la viande se détend et la sauce prend du relief. Gardez la viande dans la sauce jusqu’à 24 h, puis réchauffez très doucement, et faites la liaison finale si vous préférez une texture impeccable.
Comment éviter que les champignons ne noircissent dans la sauce?
Cuisez-les à part ou ajoutez-les après les 5 minutes de cuisson des légumes, puis égouttez. Si vous adorez ce goût, un velouté de champignons permet aussi de profiter de champignons bien parfumés, sans risquer de griser la sauce.
Par quoi remplacer le vin blanc dans la recette traditionnelle?
Remplacez les 20 cl de vin blanc par un bouillon de légumes corsé pour garder de la profondeur. Un peu de jus de pomme non sucré peut aussi apporter une rondeur, l’idée est d’équilibrer la crème, sans rendre la sauce sucrée.
